Surveiller la Chaleur, les Quatre Roues sur les Rails

Comment Metrolinx s’assure que son infrastructure ferroviaire résiste aux températures extrêmes.

Au volant de sa camionnette spéciale dotée de roues de trains, Kevin Scott balaie lentement du regard les tronçons des voies sur lesquelles il roule. Aujourd’hui, il se trouve juste au nord de la gare GO de Maple, sur le corridor de Barrie de GO Transit.

Scott est un expert des chemins de fer et quand le soleil estival commence à s’abattre sur la région élargie du Golden Horseshoe, il part avec ses collègues pour mener d’importants examens de sécurité, les patrouilles de la chaleur.

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Kevin Scott, expert des chemins de fer de Metrolinx, inspecte les voies du corridor de Barrie, près de la gare GO de Maple.

« Bref, nous recherchons des imperfections causées par la chaleur, qui fait dilater l’acier, explique-t-il. Pendant l’été, la chaleur peut rapidement changer. Le soleil peut vraiment jouer avec les voies. »

Quand il fait plus de 30 °C pendant de nombreux jours d’affilée, les rails en acier peuvent se ramollir un peu et il peut y avoir de légères déviations.

Puisque ces points amollis peuvent être dangereux quand des trains y roulent à grande vitesse, la pratique standard au Canada consiste à demander une circulation lente pour éviter d’endommager les voies.

Mais les clients ne sont évidemment pas ravis quand il y a des retards causés par la chaleur et Metrolinx met donc en pratique plusieurs approches proactives afin de s’assurer que l’infrastructure ferroviaire de GO Transit dépasse les normes de sécurité et reste efficace dans toutes sortes de conditions météorologiques.

L’une des étapes les plus importantes à cet effet a été prise en 2016. Après avoir analysé des données climatiques s’étalant sur plusieurs décennies, Metrolinx a pris la décision de changer la façon dont sont installés les nouveaux tronçons de voie.

La société a découvert qu’en préchauffant l’acier à environ 38 °C, les rails devenaient moins vulnérables aux problèmes causés par la chaleur. Voilà pourquoi les trains de GO sont plus rapides et plus fiables quand ils roulent sur les tronçons ferroviaires qui appartiennent à Metrolinx. Sur certains corridors, ils peuvent même faire 30 km/h de plus qu’ailleurs!

« Une fois qu’on établit de nouvelles normes supérieures à celles d’autres groupes, elles deviennent la nouvelle normale, affirme M. Scott. Nous avons amélioré les nôtres et nous nous sommes ainsi mieux préparés à tout ce que la météo peut nous apporter. »

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(Des détecteurs de boîtes chaudes surveillent la température des rails sur le corridor de Barrie près de la gare GO d’Aurora.)

Metrolinx surveille également la chaleur sur ses environ 500 kilomètres de voies avec l’aide d’appareils qu’on appelle « détecteurs de boîtes chaudes ». Placés stratégiquement partout dans les corridors ferroviaires, ces dispositifs haute technologie permettent aux équipes et au Centre d’opérations du réseau de Metrolinx de savoir quand les voies deviennent trop chaudes, entre autres choses. Pour ce faire, les appareils surveillent la température environnante.

« Nous continuons à faire de grands investissements dans notre infrastructure ferroviaire », de dire Duwayne Williams, vice-président, Ingénierie et gestion des biens de Metrolinx. « Nos différents services sont toujours à la recherche de façons d’accroître la sécurité et la fiabilité de notre équipement, ainsi que de gérer les voies pendant les mois les plus chauds de l’année. »

Williams explique que Metrolinx explore à l’heure actuelle différentes techniques mises en pratiques par des sociétés ferroviaires des quatre coins du monde, par exemple les technologies de surveillance à distance et les outils autonomes d’inspection des voies.

D’autres territoires de compétence encore ont essayé une variété d’autres techniques, y compris peindre les voies en blanc. Pourquoi Metrolinx n’essaie-t-elle pas cela? À cette question, M. Williams répond que même si cette technique présente effectivement des avantages au niveau thermique, elle crée aussi toutes sortes d’autres défis.

Transports Canada exige de la part de GO Transit qu’elle mène des analyses aux ultrasons de ses voies deux fois par année, au printemps et à l’automne, afin de s’assurer que l’acier ne présente pas de défauts majeurs. Si la société appliquait de la peinture sur ses voies, celle-ci est si durable et robuste que les appareils n’arriveraient plus bien à tester la robustesse et l’intégrité de l’acier. De plus, l’application d’une couche de peinture blanche pourrait empêcher les équipes de détecter les défauts potentiellement dangereux des rails.

Williams affirme que Metrolinx examine toutes les options possibles, mais que la priorité demeurera toujours de veiller à la sécurité du réseau pour les clients.

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Et ne vous en faites pas : Metrolinx veille aussi au bien-être de tous les inspecteurs des voies qui bravent la chaleur pour garantir la sécurité des passagers de GO Transit. Elle s’assure notamment qu’ils prennent de véritables pauses à l’intérieur et qu’ils demeurent hydratés en tout temps.

D’ailleurs, la société rappelle aussi à ses clients qu’ils devraient toujours avoir de l’eau sur eux quand ils se déplacent. De plus, pour rester au courant des retards causés par la chaleur, ils peuvent s’inscrire aux alertes On the GO et suivre la ligne qui les intéresse sur Twitter.